Le futur prix Nobel Ferdinand Buisson prépare une réforme du brevet et de l’École Normale
Ferdinand Buisson (Paris, 1841/1932)"Merci bien de vos deux volumes. Macte animo, il nous en faudrait bien d’autres. Et ce n’est pas tout ce que j’attends de vous. Voilà la campagne d'hiver qui commence, il faut que notre comité consultatif secoue un peu sa torpeur et vous fasse un grand et beau plan de réformes du brevet et des progr[ammes] d’éc[ole] n[orm]ale. M. Delagrave a-t-il fait envoyer pour examen vos 3 1er volumes au comité des bibl[iothèques] pédagogiques. Cela presse. Je ne sais si mon frère [Benjamin Buisson (1846-1924), journaliste spécialiste de l'enseignement et de la pédagogie] est en mesure de vous faire qq chose. Il est extrêmement occupé, et sa manie de journaliste achève de lui faire perdre son temps. Si vous avez qq idée là-dessus, faites lui écrire [...]. Je trouve qu’il n’y a pas assez de notes dans votre Émile. Votre annotation p. 291 des mots maîtresses et amants me paraît sujette à critique." Il conclut dans un postscriptum : "C’est bien malheureux que vous et vos collègues vous n’ayez pu retrouver et rendu au 2e Bureau les rapports des recteurs sur le brevet de capacité de février dernier. Nous voilà cloués faute des rapports de Clermont et Douai que nous ne pouvons faire imprimer, parce qu’un ou deux d'entre vous les ont égarés ou déposés je ne sais où".
Ferdinand Buisson retira aux écoles normales la préparation du brevet élémentaire.
Le destinataire est probablement Paul Souquet (1848-1923), professeur des Lycées et agrégé de philosophe, qui préfaça et commenta, en 1880, chez Delagrave, une édition d'Émile ou de l'éducation de Rousseau ; il publia cette même année chez le même éditeur, Les écrivains pédagogues du XVIe siècle.
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