REF: 15346

« Madame Dernière » donne des nouvelles de Marie-Antoinette et de sa relation avec le comte d’Artois

Louise de France (Versailles, 1737/1787)
Dernière fille de Louis XV et Marie Leszczynska, surnommée "Madame Louise" ou "Madame Dernière" ou encore "Madame Huitième". Elle entre au Carmel en 1770 sous le nom de Thérèse de Saint-Augustin.

Type de document : lettre autographe

Nb documents : 1 - Nb pages : 2 pp. - Format : In-4

Lieu : S.l.

Date : 27 juillet 1778

Destinataire : Au duc de Parme, Ferdinand Ier (1751-1802)

Etat : Bon

Description :

Lettre autographe (non signée) de la dernière fille de Louis XV, adressée à son neveu, Ferdinand 1er de Parme, fils de sa soeur aînée et petit-fils de Louis XV.

"Jay reçu il y a 3 ou 4 jours mon cher neveu vôtre lettre du 4 je souhaite que vous vous soyez amusé à vôtre petit voÿage. Je vous fais mes remerciements mon cher neveu pour Mr de Ricci je suis enchantée que vous ayez la bonté de luy promettre la place de Mr d'Argental. Il vint l'autre jour il est pénétré de vos bontés il vous demande permission lorsqu'il ira dans sa terre cet autonne qui est en Bresse si vous luy permettrez de vous aller faire sa cour. Je suis bien sure Mon cher Neveu que si mes petites images n'arrivent pas ce n'est par vôtre faute et vous en ait la plus grande obligation. Jay déjà fait mes informations pour vos 3 Srs et je comte sur Sre Isabelle ma voisine parce que par l'archevesque et une lettre que j'écrirai a [la] supérieure cela me sera facile quoi que la chasse naye pas été ouverte depuis la béatification pour St Liboire quoi que françois a été s'établir tout entier à Paderborn [en Allemagne, ville dont Saint-Liboire est le patron] et je n'y ait pas de connoissance ainsi malgré moy il me faudra y renoncer pour St Vincent Ferrier je pense qu'on écrivant a l'evesque de Vannes [où une partie de ses reliques sont conservées] frère de Mr Amelot ministre cela ne me sera pas impossible.

On dit que le Cte d'Artois [frère de Louis XVI, futur Charles X] soutient fort bien la grossesse de la Reine [Marie-Antoinette, qui était alors enceinte de Madame Royale] on prétend mais je ne vous l'assure pas quelle luy a dit qu'il devoit estre fachés et qu'il luy a répondu que non parce qu'il espéroit que son fils auroit autant de bonté pour les enfants quelle en avoit pour luy. La Reine se porte très bien mais Victoire [sa soeur Madame Victoire] me mande quelle est bien inquiette de lempereur [son père François 1er du Saint-Empire] qui est vis a vis du Roy de prusse [Frédéric II]. Adieu mon cher neveu je vous embrasse aussi tendrement que je vous aime".

[Le comte d'Artois était très proche de sa belle-soeur Marie-Antoinette ; en 1777, à la suite d'un pari perdu avec elle, il fait construire en deux mois la Folie de Bagatelle, au bois de Boulogne, qu'il décore et meuble avec faste, avec une somme de 100.000 livres qu'elle lui paye].

Adresse au verso du second feuillet "A l'infant Ferdinand Monsieur mon frère et neveu" avec cachet de cire conservé.

1900,00

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